samedi 31 août 2013

Je suis polie, je dis merci

Les merci dans le monde, dans notre ordre d'apparition et notre prononciation:

En Europe:

en italien: grazie
en grec: éphralisto (enfin à peu près)
en macédonien: blagodaram
en bulgare: blagodaria
en roumain: moultsumesc
en hongrois: kosonom
en slovène et en croate: hvala ou rvala
en autrichien et en allemand: danke
en slovaque: iakuyem
en polonais et en tchèque : djikuyé
en danois, suédois et norvégien: tak
en islandais: sarkasier (mais on disait tak)
en finnois: kiitos
en estonien: on n'a jamais su le prononcer
en russe: spassiba

En Asie:

en japonais: aligato
en coréen: kamsammida
en chinois: chiéchié
en népali et en indien: daniébad
en cingalais (Sri Lanka): istouti
en thaï: Kopunkap quand celui qui parle est un homme et Kopunka quand il s'agit d'une femme
en laotien: Kopcha (lalaï)
en vietnamien: Kamon
en khmer (Cambodge): akôn

ou sinon, on peut toujours dire "thank you"...

lundi 8 juillet 2013

Photos de la Corée du Sud

Les fameux tombeaux de Gyeongju

Les îles vues des hauteurs de Tongyeong

La baie de Suncheon

La faune et la flore de Suncheon

Petite séance de sport en rando

Parc de Sokcho

On est allé tout là-haut!

mercredi 29 mai 2013

Le trajet en Corée

L'itinéraire le plus tordu, Bonjour!
Les noms des villes sont quelque peu différents de ceux de mon texte mais je crois que vous arrivez à identifier de quoi je parle!

La Corée du Sud

Capitale : Séoul
Monnaie : Won
Taux de Change : 1euro = 1457 won
Fuseau horaire : UTC +09:00 (8h d'avance sur la France)

Nous arrivons en Corée par le Sud, à Busan, 2e ville du pays.
Nous débarquons du bateau pour passer la douane en un temps record. Pas besoin de visa pour un séjour de moins de 3 mois (pour moi française, pour João le portugais, c'est seulement 2)

Le voyage en bateau nous ayant donné faim, nous nous mettons en quête d'un restaurant. Nous trouvons bien vite un bibimbap, plat typique à base de riz, bœuf, chou mariné, salade et autres légumes sautés. Un régal ! Cependant nos papilles sont mises à rude épreuve et nous voilà la larme à l'oeil à demander plus d'eau et des serviettes. Eh oui, ici, le piment fait partie intégrante de la cuisine !

Nous sommes logés dans l'appartement le plus luxueux qu'on ait vu au cours de ce voyage. Nous sommes au 28e étage d'un immeuble récent où tout nous parle. De la porte au frigo en passant par les interrupteurs, l'électroménager s'adresse à nous en coréen. Nous demandons à notre hôte ce que son appartement essaye de nous dire, mais elle-même l'ignore puisqu'elle est anglaise et ne parle qu'un coréen basique.
Busan n'est qu'une étape, nous ne nous y attardons pas car la ville n'offre finalement qu'un paysage de buildings et de tours.

Nous prenons donc le bus pour Geyongju. Cette ville est connu pour les étranges tombeaux des rois. Là-bas, une colline est en fait une sépulture. Il y en a de toutes les tailles et un peu partout. C'est impressionnant et plutôt agréable de se promener dans ces étonnants cimetières. En plus, nous y sommes en automne et les couleurs paraissent tout simplement magiques. Mais je crois que les photos seront plus explicites que mes mots.
Quoi qu'il en soit, cette ancienne capitale est probablement la ville la plus riche culturellement de toute la Corée du Sud. Nous passons quelques jours à la visiter et prenons plaisir aussi à nous aventurer dans les environs (essentiellement pour voir des temples bien sûr).
Nous sommes logés chez Erik, un américain qui enseigne l'anglais. Il fait notre taille, enfin je veux dire, si vous ajoutez ma taille plus celle de João vous obtenez Erik. Dans un pays comme la Corée, on le repère très facilement ! Il nous fait découvrir l'alcool local, le soju. Ça ne coûte quasiment rien mais ça monte vite à la tête. En cours de soirée, Erik et ses amis nous recommandent plusieurs destinations que nous avions omises dans notre itinéraire. Aussi, dès le lendemain, nous changeons de cap et repartons vers le Sud pour découvrir la ville de Tongyeong.

Je reconnais que Tongyeong est une ville exceptionnelle dans le sens où elle donne accès par bateau à plein de petites îles aux alentours. De plus, on peut monter jusqu'au pic de la ville (à pied ou en téléphérique quand on est une feignasse comme moi) pour admirer cette baie magnifique. Je dois avouer que c'est un de mes paysages préférés jusqu'ici et je recommande la Corée rien que pour lui.
Cependant c'est aussi à Tongyeong que je perds mon précieux carnet de voyage. 10 mois de notes et autres textes perdus ! D'où ma difficulté à écrire le blog. Il faut maintenant que je me base exclusivement sur ma mémoire pour vous faire voyager avec moi, grr !

Après Tongyeong, nous restons dans le Sud mais partons plus à l'ouest pour visiter la baie de Suncheon. Nous n'avons d'ailleurs jamais réussi à prononcer le nom de la ville correctement. Nous changeons alors complètement de décors. Nous voici dans les roseaux jusqu'au cou. Nous passons la journée dans la grande réserve naturelle. Des chemins sur pilotis serpentent les marais et nous permettent de nous promener au dessus de l'eau mais aussi sur les buttes alentour. Nous nous extasions devant les oiseaux et attendons la fin d'après-midi pour un coucher de soleil mémorable. Mais nous ne sommes pas les seuls ! C'est bondé de touristes bien que nous soyons les seuls blancs.
En général en Corée, nous notons plus de regards insistants. Nous sommes clairement une curiosité pour eux. Mais pas dans un sens négatif, nous nous sentons bienvenus dans ce pays qui, visiblement, ne voit pas trop d'occidentaux. Nous avons même ri devant les enfants qui s'arrêtent subitement de marcher quand ils nous aperçoivent.

Ensuite nous partons à l'assaut de Daejeon, où nous sommes logés chez Dan, un expat' américain qui enseigne l'anglais à la fac. Il est très enthousiaste et nous encourage à venir présenter notre voyage à ses étudiants. Pour nous, c'est l'occasion de rencontrer (enfin) des coréens car nous n'arrivons pas à couchsurfer chez eux. Pour eux, c'est l'occasion de pratiquer l'anglais et de poser des questions par rapport au voyage.
Nous présentons donc le Couchsurfing, la liste des pays visités ou à visiter, notre vie au quotidien, quelques histoires rigolotes,... J'étais contente de constater qu'ils étaient vraiment intéressés. Les voisins de table s'entre-aidaient quand l'un d'eux ne comprenait pas quelque chose en anglais. Ils réagissaient à tout, en s'exclamant ou en applaudissant.
Puis vient le tour des questions. Nous en attendions certaines bien sûr, mais d'autres nous ont vraiment surprises. Deux tout particulièrement. On nous a demandé « Pourquoi vous voyagez ? ». Quelle drôle de question, je me suis retenue de demander « et pourquoi ne voyagez-vous pas ? » mais il paraît que tout le monde ne partage pas forcément ma passion alors on 'en est tenu à une réponse conforme.
La 2e question inattendue était adressée à João : « ça fait combien de temps que tu te laisses pousser les cheveux ? »
Ensuite, c'est nous qui posons des questions, sur tous les sujets : leurs coutumes, la politique, les études, leur mode de vie,... C'est vraiment très intéressant. Avec Noël approchant, je leur demande ce que ça représente pour eux. Nous sommes surpris d'apprendre qu'ici, c'est une fête pour les amoureux. Mais en creusant un peu, nous découvrons que toutes les fêtes occidentales en Corée sont en fait des fêtes pour amoureux. La saint-Valentin (évidemment), le nouvel an ou Noël, on s'aime et on fait des cadeaux à notre partenaire. Il existe cependant une journée pour les célibataires où ces derniers doivent manger des nouilles noires (?!). Bref, en Corée du Sud, être célibataire, c'est la loose.
Ils ont aussi de drôles de fêtes commerciales. Imaginez une journée Nutella par exemple, une journée où tout le monde s'offrirait des pots de nutella. Eh bien, là-bas, ça serait normal ! Plusieurs marques ont déclaré leur journée et les coréens se font un plaisir d'acheter en quantité le produit en question.

Après notre journée à la fac, il est déjà temps de partir. Nous voulons atteindre Gangneung sur la côte est. À la base, cette ville devait être notre port de départ pour l'île de Ullung mais, mal renseignés, nous découvrons à notre arrivée que le dernier bateau de la saison à quitter le port la veille. Le prochain est dans 6 mois ! Cependant nous ne regrettons pas notre passage à Gangneung (prononcez « Gueungnnnn ») grâce à Scott, notre dévoué hôte, qui nous emmène dans des recoins peu connus que nous n'aurions jamais trouvés sans son aide ! Entre les temples déserts et les phares aux vues imprenables nous repartons ravis.

La ville suivante, Sokcho, est seulement à quelques kilomètres de la frontière avec la Corée du Nord. Plusieurs agences proposent d'ailleurs des tours pour aller voir la zone démilitarisée. Bien que ça puisse être marrant de jeter un coup d'oeil au territoire nord-coréen, nous répugnons à payer un prix exorbitant pour voir 2 mecs se regarder dans le blanc des yeux en attendant un signal de guerre.
Non. Nous, nous sommes venus à Sokcho pour le parc national de Seoraksan à proximité. Ce parc est gigantesque et propose plusieurs randonnées. Nous décidons de gravir un mont pour admirer la vue. La montée restera à jamais dans ma mémoire. Pour être totalement honnête, j'en ai chier ! J'ai sué, galéré, désespéré. Mais le sentiment d'accomplissement (et de soulagement) une fois le sommet atteint valait bien une couronne d'or.
Et que c'était beau ! La vue sur toute la vallée enneigée (je rappelle ici que nous y étions en Décembre) valait bien la peine de monter ! Et pour immortaliser le moment, je sors mon appareil photo … qui m'annonce un « biiiiip » agonisant juste avant de s'éteindre. Batterie à plat, donc pas de photo, enfin si j 'échoue à en extorquer quelques unes à João.
Sokcho est aussi le siège de Josh, notre hôte pour le week-end. Et il anime la ville qui pourtant ne recèle rien d'extraordinaire. Bien que nous ne soyons jamais allés aux États-Unis, berceau du Couchsurfing, nous nous permettons d'affirmer que les américains sont en général les meilleurs hôtes. C'est en effet chez eux que nous nous sentons toujours le plus à l'aise et le plus à même de poser des questions, même sur des sujets délicats. Josh en est le parfait exemple. À peine arrivés chez lui, nous sommes déjà en train de nous disputer sur le commerce des ressources dans une partie de Catane. Je vous rassure tout de suite j'ai gagné et pas qu'une partie, gnark gnark gnark !

Enfin, notre voyage en Corée du Sud touche à sa fin quand nous atteignons Séoul. Nous sommes alors logés chez un russe, monstre de gentillesse, qui se met en 4 pour nous. À tel point qu'il nous dégote du fromage et du foie gras, avec la baguette qui va bien !! Imaginez notre joie après 11 mois d'abstinence !
Cependant nous ne garderons un souvenir impérissable de Séoul, puisque le froid et la neige ont mis à rude épreuve la visite de cette ville.
C'est donc refroidis, que nous prenons l'avion le 10 décembre, direction Hong Kong...

lundi 27 mai 2013

dimanche 5 mai 2013

Photos du Japon

Devanture de restaurant à Osaka


Tokyo

L'expérience Maid Coffee

Sexy; hein?

Le petit truc au pied du gros machin, c'est moi!

Kimono!

Le pavillon doré

Le jardin de cailloux harmonieux

Inari

Un nouveau copain à Miyajima

Miyajima


samedi 20 avril 2013

Le Japon (2e et dernier post)

Nous arrivons à Kyoto tôt le matin. Nous nous rendons directement chez notre couchsurfer. Shoji n'est pas là mais nous le savions déjà. En effet, ce n'est pas vraiment chez lui. Il s'agit d'une maison qui lui appartient mais dans laquelle il n'habite pas, aussi la met-il à disposition pour ses Couchsurfers. Et ça se voit! Les murs sont couverts, du sol au plafond, de messages de remerciement et autres dessins laissés par nos prédécesseurs. Ça nous fait de la lecture jusque dans les toilettes ! Shoji estime avoir accueilli plus de 1000 personnes en 4 ans.

Mais Kyoto recèle de bien plus de choses qu'un couchsurfer hors-normes. Des temples. Voila ce qu'il y a à voir à Kyoto, des temples et des temples et des temples. João se régale. Nous restons 2 semaines dans l'ancienne capitale nippone et je dois avouer que, même si c'est joli, des temples tous les jours, c'est redondant. Mais comment ne pas s'époustoufler devant Inari ou le pavillon doré.
Vous avez sûrement vu une photo de ces allées de 'Shrines', ces sanctuaires en forme de porte rouge dédiés a la déesse Inari mises à la suite les uns des autres sur des kilomètres. On en compte plus de 10 000.
Le pavillon doré est en fait un temple dont le pavillon est couvert d'or pur! Nous le visitons au coucher du soleil. Les derniers rayons venant se refléter sur le pavillon donnent un air magique à ce lieu.

En revanche, je suis restée de marbre devant le jardin de pierres alors que João s'en est émerveillé pour la journée. Je ne vois pas l'intérêt de ces cailloux ratissés sur lesquels on a posé de plus gros cailloux. João tente de m'expliquer qu'ils sont disposés de manière harmonieuse pour correspondre à l'esprit Zen. J'ai visiblement encore beaucoup à apprendre quant à l'harmonie...

Moi, ce que j'ai préféré à Kyoto c'est me promener dans le marché aux poissons. D'ailleurs on y trouve toute sorte de choses, pas que du poisson. Il s'agit d'une longue rue étroite remplie de stands où les senteurs se mêlent (je n'oserais pas dire harmonieusement mais ça sentait très bon!) Moi qui adore tout toucher et tout goûter j'en ai eu pour mon compte! Le poisson frais en brochette, les petites douceurs à la pâte de riz ou autres friandises dont nous serions bien incapables de dire la composition...

Après une semaine dans la maison Couchsurfing de Shoji, nous ne voulons pas nous imposer plus longtemps et nous rendons chez un nouvel hôte. Yu vit dans un ancien atelier de teinturerie reconverti en maison japonaise. Elle est toute en bois mais la particularité la plus importante réside dans le fait qu'il n'y ait pas de salle de bain, pas d'eau chaude et que les toilettes soient à l'exterieur. Notre hôte nous explique que pour se doucher, il se rend au onsen 2 ou 3 fois par semaine. Les onsens sont des bains publics dont les japonais raffolent. Il y en a de tous les genres. Celui de Yu est un petit onsen de quartier composés de 2 pièces (hommes et femmes pour préserver la pudeur face à la nudité obligatoire) avec un bassin central d'eau chaude dans chacune et entouré de robinets a 30cm du sol pour une toilette accroupie.
J'avais déjà testé un Onsen avec Kazumi à Hakone dans les environs de Tokyo. Et c'était la grande classe. Là, on était au milieu des montagnes dans un grand bassin extérieur. Le contraste entre le froid extérieur et la température de l'eau rendait l'expérience encore meilleure.
Petit hic. Dans ce genre d'endroits, on refuse l'accès aux animaux, aux femmes enceintes (l'eau étant trop chaude pour le fœtus) et aux tatoués.
Non non, je ne suis pas enceinte, le problème vient du fait que j'ai 3 tatouages. Cette pratique a toujours très mauvaise réputation au Japon car, là-bas, ce sont les yakusas (la mafia japonaise) qui sont tatoués. Cependant en me faisant discrète et sachant que je suis occidentale, ça n'a pas eu l'air de gêner tant que ça.


Après les temples de Kyoto, nous arrivons dans la tristement célèbre ville de Hiroshima. Évidemment nous sommes allés visiter le Mémorial de la Paix. Ce musée reprend tous les événements qui ont précédé et suivi le terrible matin du 6 aout 1945 pour bien nous faire comprendre le contexte. Ensuite, ça devient tout de suite plus éprouvant. On débouche sur la salle d'exposition des effets personnels des victimes. L'audioguide se charge de nous en raconter l'histoire : « Voici le pull que portait le petit Seiji et qui a permis à ses parents de l'identifier après l'explosion » «Ce sont ici les outils de Mr Tanaka qui était en route pour son atelier au moment de la déflagration »... Tous ces items sont déchirés, fondus, tachés de sang,... J'ai du mal à ne pas m'émouvoir devant ces traces de l'Horreur.
Viennent ensuite les vidéos des survivants. Ils racontent ce qu'ils faisaient, ce qu'ils ont pensé, comment ils ont survécu... Ce n'est pas beaucoup plus facile à entendre.

Mais la pièce suivante nous rappelle pourquoi l'endroit s'appelle Mémorial de la Paix. Nous y trouvons des lettres, beaucoup de lettres. Tous les maires successifs de Hiroshima depuis le terrible matin ont écrit une lettre aux représentants de chaque pays qui ont officiellement la Bombe. Le maire appelle à l'abandon des essais nucléaires et au désarmement. Une lettre est envoyée à chaque essai et pour l'anniversaire de l'explosion à Hiroshima.
Et ça fait un paquet de lettres !

Le jour suivant, nous décidons de nous changer les idées en nous rendant à Miyajima. Cette petite île est connue pour son temple (encore un!) flottant (ça change). Nous avons la surprise dès que nous débarquons de trouver des daims partout en liberté. Il est formellement interdit de les nourrir ou s'en approcher. Mais dès qu'ils entendent un bruit de plastique froissé, ce sont eux qui nous prennent d'assaut à la recherche d'une friandise.
Nous passons l'après-midi sur l'île, au calme, malgré le flot de touristes.

Nous quittons ensuite Miyajima pour retrouver Hiroshima et ses rues animées le soir. Je tiens tout de même à spécifier que, malgré son histoire, cette ville est très agréable et encore une fois, on y mange très bien. Ils ont une manière de faire des okonomiyaki à base de nouilles qui, je l'admet, nous a ravit les papilles.

Pour finir notre mois au Japon, nous séjournons quelques jours à Fukuoka. En comparaison avec les villes précédentes, cette ville portuaire n'offre pas grand chose de nouveau. Nous saisissons cependant l'occasion de manger une dernière fois des sushis (qu'est que je parle de bouffe dans ce post!) au pays du soleil levant.

Enfin nous prenons le bateau express pour rejoindre la Corée du Sud en seulement 3 heures...

samedi 9 mars 2013

Le Japon (Première partie)

Capitale : Tokyo
Monnaie : Yen
Taux de change : 1euro = 112 yens
Fuseau horaire : UTC +09:00 (8h d'avance sur la France)

Le 28 septembre, après 45h de bateau, je débarque à Sakaiminato. Je me heurte alors à la rigidité de la douane. On me demande où je compte me rendre, je réponds donc sur le formulaire que ma première destination est Osaka sans plus de détails. Mais au guichet, le monsieur a l'air mécontent de ma réponse. Il dit des choses avec des gestes, et ça doit probablement être des questions mais je ne comprends pas un mot de japonais ! Heureusement, une interprète vient m'expliquer que je dois être plus précise dans ma réponse et donner l'adresse de mon hôtel. Aïe ! Pour le premier soir, je n'ai rien prévu mais le jour suivant je dois me rendre chez un couchsurfer. J'explique donc que je compte me trouver un hôtel une fois sur place. Ce n'est encore une fois pas la bonne réponse. On me dirige alors vers le bureau de l'immigration pour un interrogatoire qui durera une heure. On m'interroge sur tout : mes intentions quant au Japon, pourquoi le Japon avant la Corée vu que le bateau y passait avant, quelle est ma profession, qui est ce João que je dois retrouver à Osaka, etc…
Je bredouille des réponses. Je m'imagine le pire. Que faire si on ne me laisse pas entrer en territoire japonais ? Je n'ai plus de visa valide pour la Russie, je ne peux pas y retourner !
Cependant, au bout d'une heure de palabres, de fouilles, d'explications et de démonstrations, j'ai le droit d'être une touriste au Japon ! Joie et soulagement !

Je saute alors dans un bus pour la gare. Et, une demi-heure plus tard, je suis à bord du Shinkansen ! Le fameux train japonais est impressionnant par sa rapidité, j'ai à peine le temps de voir le paysage. Une fois à Osaka, je me trouve un hôtel des plus miteux avant de me lancer dans les rues de la ville.

Et je n'ai pas assez d'yeux pour tout voir ! Enfin me voilà VRAIMENT dépaysée ! Tout est différent et m’interpelle. Je passe ainsi 4 jours à vagabonder dans les rues, principalement dans la très longue rue piétonne, Shinsaibashi.
Cependant, le 3e jour, une pluie fine s'abat sur la ville, elle devient vite battante puis finalement j'expérimente mon premier typhon ! Toutefois, il s'agit d'un petit alors je me contente de me pelotonner dans mon sac de couchage en attendant que ça passe.

Et, enfin, il est temps d'aller cueillir João à l'aéroport. Il vient de parcourir 10 000km pour me retrouver. Nous sommes tout contents et nos sourires sont indécrochables. Les jours suivants, je lui fais visiter ce que j'ai vu et goûter ce qu'on m'a recommandé.
Bien sûr, nous mangeons des sushis mais pas que ça ! On découvre les okonomiyaki qui deviendront bien vite un plat quotidien. Il s'agit d'une sorte d'omelette au chou et au bacon et au poisson et aux champignons... en fait on y met un peu ce qu'on veut puisque le nom signifie « tout ce que vous aimez » (= okonomi) et « grillé » (= yaki) mais on retrouve quand même toujours une bonne couche de mayonnaise dessus. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les japonais mettent de la mayonnaise dans la plupart de leurs plats. Et pourtant tout est délicieux !

Je suis partie au Japon avec des attentes plutôt neutres. Et soudain, il y a Tokyo.
Capitale de 43 millions (!) d'habitants. On a toujours l'impression que, dans de telles mégalopoles, le pauvre voyageur va se faire bouffer. Mais Tokyo est fluide et bienveillante. Ici, pas le temps de sortir une carte pour se repérer que déjà vient quelqu'un pour nous demander si nous avons besoin d'aide. Même aux heures de pointes et même dans le quartier des affaires.
Cependant, je vous détrompe tout de suite, les japonais ne parlent en général pas anglais. Ça ne les empêche pourtant pas de venir à la rencontre des étrangers dans le but de les aider. C'est ainsi qu'une fois, un petit vieux édenté nous a indiqué le chemin vers le bon bus.

Il nous a été très difficile de trouver un hôte à Tokyo. Nous avons envoyé plus de 60 demandes de couchsurfing alors qu'en général une douzaine suffit. Mais à la dernière minute Kazumi et Shoot nous ont invités chez eux. Nous les considérons désormais comme des amis et certainement comme la meilleure expérience en couchsurfing que nous aillons eue. Nous devions rester un week-end chez eux, mais le courant est tellement bien passé que nous avons squatté 12 jours !
Et c'est à peine assez pour voir la ville. Tokyo offre une très grande diversité dans ses quartiers. Cependant c'est à Akihabara que nous avons testé la plus étrange de nos expériences. Je parle ici du Maid coffee. Il est très compliqué de décrire ce concept sans y donner une dimension perverse alors que l'ambiance y est plutôt enfantine.
Un maid coffee est un café où les (jeunes) serveuses sont déguisées en bonne. Elles vous servent comme si elles étaient vos employées de maison. Par exemple, elles ne disent pas « bonjour » ou « bienvenue » quand vous entrez mais « bon retour à la maison ». Elles vous font alors asseoir et s'occupent de vous. Première étape elles vous passent une serviette chaude sur les mains, puis vient le moment du café où elle remue le sucre pour vous. Ensuite, on vous présente un catalogue rempli de profils où vous pouvez choisir « votre » maid pour la modique somme de 15€ supplémentaires... Si vous ne vous attardez pas sur cette option n'importe quelle maid viendra vous proposer de jouer avec elle. En l'occurrence nous avons joué à un jeu de société de type Docteur Maboule.
En ce qui me concerne, j'ai trouvé ça plutôt marrant mais un peu triste aussi. C'est clairement un concept créé pour les gens seuls. Nous avons vu plusieurs personnes (aussi bien homme que femme) venir raconter leur vie à ces jeunes filles. Il était facile de constater qu'ils étaient des clients réguliers.
Je vous parle de tout ça comme si j'avais tout compris mais je dois quand-même spécifier que Kazumi était là pour nous faire la traduction car bien sûr tout était uniquement en japonais. Elle m'a d'ailleurs fait la surprise de se débrouiller pour qu'elle et moi essayons un costume de bonne. Moi qui ai une parfaite horreur de me déguiser, je me suis retrouvée debout en Maid au milieu du petit café. Ça a bien fait rire João !

À Tokyo, nous avons vraiment eu de la chance avec nos hôtes, Kazumi est une cuisinière hors-pair. Elle nous a préparé de bons petits plats tout spécialement pour qu'on découvre la cuisine japonaise. On s'est régalé avec un hot pot (sorte de fondue bourguignonne aux légumes) et même un barbecue près d'une rivière. C'était super de se faire nos propres pizzas au grill. Et on a aussi découvert le potiron au barbecue ! Un délice !
En parlant de potiron, j'ai trouvé mon parfum de glace Haagen-Dazs préféré. Mais malheureusement, il n'existe qu'au Japon.
Il est évident que nous avons gouté au saké, froid comme chaud. Mais je dois avoué que je préfère un autre alcool japonais, le Umeshu, de l'alcool de prune.

Nous avons passé beaucoup de temps à parcourir les rues de Tokyo juste pour nous imprégner de l'ambiance du Japon. Bien sûr nous nous sommes rendus à Asakusa, le quartier des temples et de la tour de Tokyo. Mais nous avons aussi vagabondé dans Shinjuku et dégusté de délicieux yakitori (brochettes japonaises).

À Shibuya, après la visite de l'immense parc, nous avons faim. Nous nous trouvons alors confronté à un nouveau challenge. Hormis le fait que les menus soient toujours en japonais et qu'il faille nous contenter des images pour commander, nous voici surpris de découvrir la machine à passer commande. À l'entrée des restaurants, pas de serveurs pour vous installer à table et vous aider à choisir mais un appareil vous proposant de composer votre menu. À la fin de cette tâche difficile (je rappelle que tout est en japonais), un ticket est édité. Il nous faut alors nous rendre vers la cuisine pour le donner avant de nous installer à table. Ça nous a pris un bon quart d'heure pour comprendre tout ça, la première fois, et ça a du les amuser de nous voir nous installer et attendre bêtement sans ticket !

Bref, vous l'avez compris, me voici sous le charme de la capitale nipponne. On y a été admirablement accueillis et nous l'avons quittée à regret pour nous lancer à la découverte de la prochaine ville, Kyoto.
Mais comme je n'aime pas écrire des posts trop long (et celui-ci est de taille respectable) je m'arrête ici pour le moment.
Au menu du prochain post : Kyoto, Hiroshima et Miyajima.

samedi 2 mars 2013

Mon sac à dos

Contenants

- Bigbob (sac à dos 70L)
- Sac de couchage
- Toncul (petit sac 20L)
- Ceinture portefeuille
- Ceinture cache-billets
- Poches zippables
- Sacs poubelle
- Trousse de soins
- Trousse de secours (- Paracétamol, - désinfectant, - collyre, - pansements ampoule, - compresse, - sparadrap, - bonbons pour la gorge, - traitement pour diarrhée, - antibiotique à large spectre, - Biafine, - traitement pour cystite)
- Trousse de toilette (- Mooncup, - savon de Marseille dans une boite étanche->lessive et savon, - boule quies, - dentifrice, - brosse à dent, - rasoir +lames, - déo, - coton tiges, - pince à épiler, - ciseaux à ongle, - crème solaire, - miroir , - lingettes, - gel antiseptique, - stick à lèvre, - mouchoirs, - répulsif anti-moustique, - PQ, - lentilles, - produit à lentilles, - boites à lentilles, - peigne)

Matériel

- Gourde filtre
- Gourde
- Petit oreiller
- Épingles à nourrice
- Cordelette
- Scotch
- Stylos et carnet de voyage
- Mug en inox
- Lampe de poche
- Nécessaire à couture
- Couteau suisse
- Couverture de survie
- Drap de soie
- Petite et grande serviettes de toilette absorbante 90%
- Cadenas à code
- Cadenas à clef
- Maille de protection pour Bigbob
- Raincover pour Toncul
- Moustiquaire
- Répulsif anti-moustique
- Adaptateur universel pour les prises électriques
- Montre-réveil
- Appareil photo
- 2 cartes mémoire
- 2 batteries app photo
- Net book
- Chargeur net book
- Ipod
- téléphone portable
- chargeur téléphone portable
- Câbles USB net book, app photo, Ipod,
- Clé USB 32Go
- Carnet de petits mots de tout le monde
- Calendrier

Jeux

- Nintendo DS et son chargeur
- Cartes de tarot
- 6 dés
- échecs
- dames chinoises
- Abalone

Vêtements

- 4 slips
- 1 brassière
- 1 soutien-gorge (au cas où)
- 1 paire de chaussure de marche
- 1 paire de basket à lacets bleus (merci les copines!)
- 3,5 paires de chaussettes (j'ai perdu une chaussette)
- 1 pantalon épais
- 1 pantalon léger
- 1 veste GoreTex
- 5 t-shirt manches courtes
- 3 T-shirt manches longues
- 1 maillot de bain
- 1 polaire (surnommé Nounours)
- 1 bonnet
- 1 tour de cou chaud
- 1 foulard (pour les monuments où les femmes doivent se couvrir les cheveux)
- 2 paires de lunette de vue (dont une cassée en Italie et rafistolée à la super-glue)
- 1 paire de lunette de soleil adaptée à ma vue
- Des gants
- 1 caleçon long
- 2 bracelets et 1 collier offerts par João (je crois qu'il essaye de faire de moi une fille)
- Sac en toile pour le linge sale

Papiers (scannés, photocopiés et stockés sur internet)

- Passeport
- Certificat assurance
- Photos identité
- Permis de conduire
- Permis international
- Carnet de vaccination
- 2 CB
- Traveler chèque
- N° opposition CB


depuis le départ

on s'est débarrassé :
- des 5 livres du départ
- de la tente pas imperméable qui nous a pourtant bien servie en Scandinavie
- matelas de mousse (troué de partout)
- des baskets (pardon les copines mais les lacets aussi)
- briquet tempête (en Chine les briquets sont interdits en avion, même en soute)
- hamac (inutile puisqu'on est 2)

on a perdu :
- mon truc pour me ternir les cheveux, on en a racheté un, je l'ai perdu encore, on en a racheté et après on en a trouvé un trop beau au Népal alors maintenant j'en ai 2
- un foulard (ça aussi on en a racheté un)
- mon carnet de voyage après 9 mois à écrire tous les jours dessus (j'en suis malade)

on a acheté :
- un E-reader Kobo(qui contient les Lonely Planet pour tous les pays du monde),
- un disque dur externe (pour stocker les photos en plus de l'ordi et des carte mémoires)
- des jeux plein de jeux (mastermind, puissance 4, Pentago, échecs japonais, abalone, guillotine en chinois) mais on les trimballe pas tous, on en a donné et João en a ramené en France en septembre. Mais les jeux c'est trop cool et ça occupe quand tu attends le bus !
- un manteau chaud pour survivre à l'hiver en Chine

Cassé ou abimé
- la biafine a explosé dans le sac ainsi que la pommade contre les douleurs des articulations
- la lampe torche s'est cassée mais on en a racheté une vite fait
- la montre est passée à la machine à laver du coup on en a acheté une nouvelle (le bracelet s'est cassé à la sortie de l'emballage comme la première Maka !)
- Mon Ipod et mon téléphone se sont fracassés au sol depuis le 8e étage un jour en Grèce. On a racheté un ipod en Bulgarie (ah la musique dans les transports en commun, indispensable pour pouvoir dormir) et un téléphone pourri quelques mois plus tard (mais il est rare qu'on achète une carte sim)


Au Japon, avec nos supers hôtes, on a fait du Tie and Dye alors j'ai 2 T-shirts super hippies. Ils nous ont fait une ceinture chacun en pneu de vélo trop cool. Et une fois, un hôte m'a sortie toutes les affaires que sa femme a laissées quand elle l'a quitté pour que je me serve. J'ai pris des tongues (sa femme devait faire du 36, j'ai perdu du poids depuis que je voyage mais faut pas abuser!)

Je suis partie avec 16kg sur le dos j'en ai maintenant approximativement 20 mais je compte me débarrassée du gros manteau acheté en Chine parce qu'il pèse lourd (mais il n'a pas couté cher, qualité chinoise oblige) et on part pour les pays chauds maintenant. Il faut que je fasse le tri dans les vêtements aussi parce que je compte bien céder à l'appel des couleurs en Inde alors il faut faire de la place !

Voilà, un petit post pour ma copine Annabelle et Loïc.
Je rassure ceux qui se demandaient pourquoi je n'écrivais pas ces derniers mois. Je vais très bien. J'ai juste développé, depuis mon arrivée en Asie, une grosse flemme. On va mettre ça sur le compte du dépaysement mais je me régale et je ne me pose pas trop pour y réfléchir.
Je vais me soigner hein, pour mieux vous raconter.

vendredi 30 novembre 2012

Un train russe

Quelques photos pour mieux comprendre la composition d'un wagon

9 fois la même chose: 4 couchettes d'un côté du couloir, 2 de l'autre.

la table à rabattre pour former une couchette (avec une autre un peu plus haut)
4 couchettes et les matelas roulés et oreillers à disposition
Le coffre à rabattre pour en  faire une couchette




La Russie (2e partie): Le transsibérien et autres précisions

Ah le Transsibérien ! Le rêve de bien des gens rencontrés sur ma route, ou même avant de partir.
Mais d'abord précisons que le Transsibérien est un rail et non un train. Cela explique donc qu'on puisse faire des étapes entre Moscou et Vladivostok. On ne paye pas 1 billet pour relier les 2 villes, non, on peut prendre plusieurs trains qui empruntent le même rail. On peut aussi ne pas descendre du train et parcourir cette longue distance en un trajet. Cependant, ce voyage en une traite dure 7jours !

Moi j'ai voulu faire par étape. Mais, comme je le disais dans le post précédent, je me suis heurtée aux contraintes du visa. Ce dernier me permettant de rester seulement 30 jours en Russie, j'ai dû réviser mon itinéraire et l'amputer de plusieurs villes prévues à la base. C'est un choix personnel motivé essentiellement par le fait que je n'aime pas rester dans une ville juste pour 1 journée. J'aime prendre le temps de découvrir un lieu plutôt que collectionner des noms de villes sur une liste et sauter de train en train.
Aussi, je n'ai vu que peu de villes russes : Saint-Pétersbourg, Moscou, Ekateringbourg, Novosibirsk, Irkoutsk et Vladivostok.

Mais alors comment se passe ce voyage ?
Il existe plusieurs classes dans un train, « koupè» ou « platskart ». La différence est simple, le koupè est un wagon composé de plusieurs compartiments, chacun contenant 4 couchettes. Tandis que le platskart est la classe du dessous où 54 personnes (au maximum) voyagent dans le même wagon.
On m'avait recommandé le koupè pour des raisons de sécurité que j'aborderai plus loin dans ce post, mais les prix m'en ont dissuadé. Le platskart est moitié moins cher !
Le wagon platskart est composé de manière à ce que tout le monde puisse avoir une couchette. Je vais m'employer ici à le décrire mais je ne suis pas sûre d'être très claire... (se référer aux photos)
6 couchettes sont agencées de la même façon 9 fois dans un même wagon: 2 couchettes face à face séparées par une table et la fenêtre. On trouve 2 couchettes supplémentaires au dessus des deux premières.
De l'autre côté de l'allée, on trouve deux sièges séparés par une table, le tout est convertible en 1 couchette et au dessus de cela, 1 couchette de plus.
Pour chaque couchette sont mis à disposition un matelas, un oreiller et une couverture.

Mais que fait-on des bagages ?
Ça, c'est super bien pensé ! Les couchettes du bas sont en fait des coffres où on peut déposer sa valise. Si on est sur une des couchettes surélevées, on place son bagage au dessus de soi où se trouve une étagère.
Le luxe, c'est d'avoir une place du bas. Parce que quand on a une place surélevée, on est couché d'office ou on descend pour s'asseoir sur la couchette de notre voisin du dessous.
Dans chaque wagon, il y a une hôtesse qui délivre à chaque passager un drap, une housse de couette et un housse d'oreiller propres, le tout dans un sac plastique scellé.

L'ambiance dans le train russe n'a rien de commun avec ceux que je connaissais auparavant. L'activité principale, c'est la bouffe ! Ils sont tout le temps en train de bouffer. Par contre, sympa, la bouffe, ça se partage. J'ai adoré voir les mamies sortir leurs légumes, les éplucher, en faire une salade et la distribuer à la ronde. Je me suis vite retrouvée pourvue d'une assiette remplie de saucisses, pâté de poisson, pain, salade, œuf,... Moi qui ne mange qu'un repas par jour, j'ai été gavée bien des fois ! Etant la seule non russe, je suis devenue l'attraction du wagon. Et même s'ils ne parlaient pas anglais, et moi que quelques mots de russe, on a réussi à communiquer avec les mains et à bien rigoler.
Petite anecdote rigolote. Ils m'ont tous demandé ce que je faisais là. J'ai d'abord essayé d'expliquer que je faisais un tour du monde en formant une boule avec mes mains et me désignant en faire le tour. Mais ils m'ont alors demandé si je faisais du foot... raté ! Du coup, j'ai vite appris à dire « monde » en russe pour expliquer ce que désignait cette boule. Malheureusement, « monde » se dit « mir » en russe et il faut rouler le « r », ce dont je suis incapable. Je répétais « mirrr », « mil », « milr » jusqu'à ce que quelqu'un de l'assemblée comprenne mon défaut de prononciation.

Bref, moi j'ai adoré prendre le train en Russie. Pas pour les paysages, parce que, honnêtement, il n'y a rien à voir à part des plaines et des forêts et des forêts et des forêts de bouleaux. Mais l'ambiance dans le train et l'enthousiasme des gens pour me faire connaître leur pays, ça, ça valait vraiment le coup.

Je tiens aussi à souligner qu'il faut arrêter de dire que les russes ne sont pas sympas. On m'avait dépeint une image si négative de la Russie que j'étais vraiment sur mes gardes en arrivant. Or, même si le russe n'est pas très avenant, il n'est pas non plus xénophobe comme on me l'avait sous-entendu. C'est vrai qu'il n'est pas toujours facile de communiquer dû à la barrière de la langue mais ce n'est pas qu'en Russie que je me suis heurtée à ce problème. En revanche, il faut forcer un peu pour se faire entendre. Les gens partent du principe qu'ils ne comprennent pas la langue dans laquelle je m'adresse à eux, aussi, leur premier réflexe est de répondre « non ». Mais si je me tourne vers eux, c'est que je sais qu'ils peuvent comprendre ce que je demande avec mes gestes ou ma carte. Alors j'ai appris à « coincer » les gens. Les accoler à un mur pour qu'ils ne me fuient pas et s'efforcent de répondre à ma question. C'est drôle finalement, parce que jamais je ne me serais permise d'être aussi insistante au début du voyage. Si on me disait « no English », je leur fichais la paix. Maintenant, je suis plus lourde. Mais, ça marche ! On finit par m'indiquer la bonne route, la gare,... et avec le sourire ! Parce que qu'est-ce que c'est gratifiant d'accomplir une bonne action qui finalement ne requiert qu'un peu de temps et de bonne volonté !
Bref, moi j'aime bien les russes ! En revanche, je ne leur ressemble pas du tout ! Les filles russes sont extrêmement bien apprêtées, habillées, maquillées. Moi ça fait 8 mois que je tourne avec les mêmes fringues confortables mais pas sexy pour 2 sous. Une de mes hôtes m'a dit « On pourrait sortir ce soir » et puis me regardant de haut en bas a ajouté « Enfin, il faut que je trouve où on pourrait aller, parce que là tu ne rentres nulle part ! ». Moi, j'ai trouvé ça drôle. Pour le coup, c'est vrai qu'elles sont belles mais je n'ai jamais su si elles allaient en boite ou en sortaient pour être toute habillées comme ça.

Ah oui ! J'ai un autre coup de gueule à faire passer ! Méfiez-vous des guides de voyage de type Routard ou Lonely Planet. Certes, c'est plein d'infos mais ils sont aussi très alarmistes. J'ai décidé d'arrêter de me pencher dessus depuis la Russie. En effet, le Lonely Planet consacré au Transsibérien dit que début septembre est une des pires périodes pour prendre le train, qu'il faut réserver pour espérer avoir une place... Or, je n'ai jamais eu aucun problème pour prendre le train que je voulais et il y avait des places vides. Il indiquait aussi qu'une voyageuse seule devrait prendre une place en koupè par mesure de sécurité et éviter les hommes enivrés par la vodka qui pourraient se montrer agressifs ou envahissants en platskart. Il faut arrêter aussi avec ça. Oui, les russes boivent de la vodka. Et les espagnols de la sangria. Et les allemands de la bière. Et les mexicains de la téquila. Mais s'il y a de la vodka, ils la partagent volontiers dans une ambiance bon enfant.
Alors, j'arrête de lire les infos de ce type. Je me prend déjà pas mal la tête en préparation et organisation sans avoir besoin de m'en faire pour ce genre de souci non vérifié.

Voilà, un petit coup de gueule ! Ça fait du bien et ça permet de passer à la suite.
En parlant de suite, j'ai un petit souci. J'ai perdu mon carnet de voyage, outil très utile pour écrire le blog. Je vais donc écrire le Japon avec moins de détails que voulu. Par contre, je vous le dis tout de suite, si je dois choisir un pays où poser BigBob, ça serait probablement au Japon.
Au prochain post je vous dis pourquoi.
 

samedi 24 novembre 2012

Itinéraire emprunté en Russie

  

 Donc résumons : 9+26+27+30+68=  160 heures de train passées sur le territoire russe. Je conseille donc quelques bons bouquins et l'entrain pour parler avec les mains aux russes.
Pour ma part, je recommande ce voyage. Je suis contente (et fière) de l'avoir fait toute seule. J'ai rencontré des gens à la fois intéressants, gentils, curieux, ... Et puis ça m'a prouvé que, même seule, je m'en sors très bien et j'adore toujours voyager.

mercredi 21 novembre 2012

Photos de la Russie

Saint-Pétersbourg

Le Marinski

Ceci est un club de fitness!

Le Palais d'Hiver

Moscou



Yekateringbourg

Sous cette église orthodoxe se trouve l'endroit où la dernière famille de tsar fut massacrée.

Irkoutsk
Le trop bon poisson du lac Baikal

Le lac Baikal

 Vladivostok


jeudi 1 novembre 2012

La Russie (première partie)

Capitale : Moscou
Monnaie : rouble
Taux de change : 1 euro = 40.05 roubles
Fuseau horaire : de UTC +04:00 à +11:00
Décalage horaire avec la France : entre 2h et 9h d'avance sur la France

Pour la Russie, j'ai décidé de faire 2 posts. Celui-ci concerne les villes visitées et les hôtes rencontrés. Le prochain sera une description plus approfondie du train, du Transsibérien et de mes impressions sur les russes et la Russie en générale.

Le premier septembre 2012, j'embarque à bord d'un train finlandais à destination de Saint-Pétersbourg. Je remplis quelques formalités administratives, on me tamponne mon visa et me voilà en Russie !
Je porte avec moi le chagrin du départ de João, ce qui, je dois l'avouer, ternit mes premières impressions de Russie.

Saint-Pétersbourg m'accueille avec un temps pluvieux et Nastasia, mon hôte qui ne parle que très mal l'anglais. Heureusement, elle reçoit aussi une néo-zélandaise avec qui je passe mes journées à visiter la ville et papoter sur nos voyages. Ça me change les idées même si je n'arrête pas de parler de mon portugais.
Bref Saint-Pétersbourg est jolie. J'aime sa cathédrale aux formes étranges qui me fait me rendre compte que je suis en Russie tout comme l'impressionnant palais d'hiver. Mais l'expérience la plus intéressante se trouve à l'endroit où je séjourne pour 3 jours. Mon hôte est prof d'histoire dans un collège et elle vit dans un « appartement communautaire » comme il y en a des tas à Pétersbourg. Il s'agit d'un appartement qui communique avec 2, 3 ou 4 autres et qui a la salle de bain, les toilettes et la cuisine en commun avec ces derniers. Dans mon cas, nous partageons tout ça avec une mamie et son chien qui aboie au moindre bruit et un jeune couple et leur bébé (qui produit les bruits pour faire aboyer le chien). Ça ressemble un peu à une coloc mais en moins sympa.

Je reste à Saint-Pétersbourg 3 jours puis il est temps de me rendre à Moscou. 9 heures de train plus tard, j'arrive chez Alena qui pour le coup parle parfaitement anglais et très bien français ! Elle n'a malheureusement pas beaucoup de temps à m'accorder et je passe donc plus de temps à bavarder avec ses chats qu'avec elle. Les chats sont sympas mais ils ont fait leurs griffes sur le matelas gonflable qu'Alena m'avait préparé ! Aussi c'est fatiguée et déprimée que je vais faire la touriste à Moscou. Premier fait marquant, il est très difficile de trouver une carte dans cette ville. J'ai vraiment galéré et quand j'en ai dégoté une, il s'est avéré qu'elle était de très mauvaise qualité. Mais je trouve tout de même le Kremlin, la place rouge et la cathédrale pour prendre les photos que tout bon touriste se doit de rapporter.
Puis, un soir, je reçois un mail de João. Il a réfléchi. Il veut revenir ! Je n'en reviens pas ! Il parle de me rejoindre le plus vite possible. On se met d'accord sur le Japon. Il ne me reste qu'un mois à voyager seule avant que ma Patate ne retrouve sa place à mes côtés !

Mais quel mois !
Je quitte la capitale et après 26h de train, j'arrive à Iekaterinbourg, la ville qui délimite continents européen et asiatique. Elle est aussi tristement célèbre pour avoir été le lieu de massacre de la dernière famille de tsar. Tout ça, c'est mon hôte Katerina qui me l'explique. On passe toute une journée à parcourir la ville et elle truffe la promenade d'anecdotes historiques ou culturelles. C'est vachement cool.

Cependant Iekaterinbourg reste dans ma mémoire pour une toute autre raison.
Les gens qui me connaissent savent mon aversion pour les religions. Et me voici accueillie par Katerina, récemment baptisée protestante après une vie de débauche. La conversation qui découle de cette situation est très intéressante. Elle me fait part de son parcours et comment elle en est arrivée à laisser entrer Dieu dans sa vie. Apparemment tout va beaucoup mieux depuis. Du coup, comme la foi a tout arrangé pour elle, elle me suggère de faire de même. Mais pas du genre grenouille de bénitier qui recrute. Non, c'était plutôt très gentil, elle voulait juste que je sois aussi heureuse et épanouie qu'elle. J'ai essayé de lui expliquer que je le suis mais sans avoir besoin de croire en une divinité, juste en errant de par le monde. C'était un débat passionnant et animé tout en restant très respectueux et tolérant. J'ai adoré ! Parce que Katerina est tellement à 1000 lieux des gens que je fréquente à l'ordinaire. Vous me direz, pas besoin d'être en Russie pour disserter pendant des heures avec quelqu'un qui a des croyances différentes des siennes. Certes. Mais moi ça me plaît comme ça !

Enfin bref.
Je quitte Iekaterinbourg avec le sentiment de m'y être fait une nouvelle amie malgré une langue, un pays, une culture et une religion différents. Et 27h plus tard me voici arrivée à Novosibirsk. Avec du recul, je me demande ce que je suis allée foutre là-bas. Ce n'est pas très beau, on n'y trouve rien de spécial à part de massives statues (de Lénine bien sûr). Mais une fois encore, j'ai de supers hôtes. Je reste 3 jours chez Natasha et Dennis et leur petit Misha de 1 an et demi. Moi qui ne raffole pas des gosses, je me retrouve bien vite à jouer à cache-cache avec celui-ci. Il est sympa, il me réveille tous les jours à 8h30... Au moins il me prépare à tous ces bébés que mes amies ont pondus ou sont en train de pondre en France (un petit coucou en passant à Maka, Emma, Camille et Cécile et toutes celles qui ne vont pas tarder à l'annoncer).
Dans cette famille, seule la maman parle anglais. Avec le papa, je comprend l'intérêt de la tablette Ipad : il tape en russe ce qu'il veut me dire et ça me traduit en un anglais approximatif ! Avec Misha en revanche, je lui parle en français, il me répond en russe et c'est bien. J'ai, pendant ces quelques jours, l'impression d'être accueillie par de la famille, je m'y sens bien et je parle de tout et n'importe quoi avec ces gens que je ne connais pourtant que très peu. On passe une soirée dans un club de jazz, on se promène au parc avec Misha qui court partout, on mange des sushis et papotons beaucoup.

Après ces quelques jours tranquilles, je reprend le train pour 30h afin d'atteindre Irkoutsk connue pour le lac Baikal à proximité. En soi, la ville est moche. Je le savais. Mais il faut y aller pour parcourir le lac et surtout (absolument!) goûter du poisson de là-bas. C'est le meilleur poisson que j'ai mangé de ma vie ! Il s'agit de poisson fumé qu'on mange avec les doigts en admirant la vue sur le lac depuis une petite colline. Un régal, pour les papilles et les yeux !
Je reste moins de temps que je ne l'aurais voulu dans la région car, déjà, je dois penser à quitter le pays. Le visa Touriste ne permettant de rester que 30 jours, je ne peux guère prendre mon temps pour traverser le plus grand pays du monde.

C'est alors que je prend la route pour le plus long trajet depuis mon départ de France : 68h de train ! J'arrive ainsi à Vladivostok, avec l'impression d'avoir atteint le bout du monde. Je suis alors logée chez Galya qui devient instantanément une complice. Elle m'emmène voir les sites intéressants de la ville et de ses environs. J'ai beaucoup de chance car la semaine précédant mon arrivée la ville a connu un typhon qui a obligé tout le monde à rester chez soi. Pour le coup, il fait un temps magnifique et c'est tant mieux puisque nous allons à « l'île Russe », une île qui a servi de fort protecteur de la ville. On y trouve donc des bunkers et des canons cachés un peu partout sur l'île.
Nous faisons aussi une visite des souterrains de Vladivostok. Galya passe donc 2 heures à me traduire le savoir du guide. C'est super intéressant. La ville avait besoin de beaucoup de protection car, en temps de guerre, si Vladivostok était prise, la Russie perdait tout le côté est du pays !
Un soir, elle me prépare un dîner à base de spécialités russes : gelée de viande, calamar séché, salade d'algue, pain noir et moutarde forte, le tout accompagné de bière (ça n'a pas l'air comme ça, mais tout n'était pas dégueu). Nous finissons le repas par un petit thé où j'en profite pour lui apprendre à jouer à Abalone (incapable de cuisiner, il faut bien que je participe à ma façon!).

Et voilà encore le moment des adieux. J'embarque pour 45heures à bord d'un bateau à destination de Sakaminaito, Japon.


J'essaye de poster le Transsibérien bientôt mais les plus impatients vont devoir être un peu tolérants car en ce moment, j'en prend plein les yeux et j'ai bien du mal à me poser au calme pour écrire...